Crise politique : CACIT, une position ambiguë

0
138

Le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) a sorti, le 5 juin dernier,  un communiqué relatif aux nouvelles manifestations de la Coalition des 14 dans lequel il tente d’équilibrer sa position.

Le Collectif des associations contre l’impunité au Togo, une association qui fait fantasmer pour ses positions jugées légères ou compromettantes, c’est selon, a rendu public un document dans lequel il se prononce sur les manifestations de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition. Elles  sont programmées sur mercredi 6, jeudi 7 et samedi 9 juin sur toute l’étendue du territoire. Il est également annoncé une journée Togo mort le lundi 18 juin prochain.

Le CACIT entame son communiqué par un regret dû au fait que les discussions politiques entamées le 19 février à Lomé sous la facilitation du président ghanéen, entre la mouvance présidentielle et la C14,  n’ont pas encore abouti à des résultats concrets. « Les espoirs » portés sur ces pourparlers « sont restés vains », écrit-il.

Se référant à l’Accord politique global, aux recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR), à la Constitution de la République togolaise qui garantit les libertés de manifestations en son article 14, ce collectif explique comprendre « la volonté de l’opposition à manifester, en vue de pousser la majorité à aller aux réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales ».

Bien qu’il dise saisir les motifs, il ajoute en même temps qu’« il s’interroge sur la nécessité de manifestation pendant que la reprise du dialogue est annoncée ». Allusion faite aux conclusions issues des rencontres des émissaires de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) avec les protagonistes de la crise le samedi 2 juin à Lomé et qui laissent croire que la reprise des travaux est imminente.

Or ce ne sont pas les raisons qui sous-tendent les nouvelles manifestations de l’opposition qui manquent. Pour peu que les responsables du CACIT fassent un effort, ils comprendront que le régime cinquantenaire est obtus à tout changement, à l’alternance politique au sommet de l’Etat, et qu’il faille lui mettre suffisamment de pression afin qu’il respecte ses propres engagements. En l’espèce, la seule arme de l’opposition restent les manifestations populaires pacifiques.

Le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales a-t-il le droit de modifier les itinéraires voulus par l’opposition pour ses manifestations ? « Le CACIT estime que si le gouvernement devrait prendre une décision maintenant sa position, il devra se servir d’une décision administrative susceptible d’être attaquée par les organisations devant les juridictions administratives qui sont garantes des libertés, comme le stipule l’article 99 de la Constitution, la Cour Constitutionnelle « est juge de la constitutionnelle de la loi et elle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques », explique-il dans le communiqué.

Ce que cette association feigne d’ignorer, c’est que ce sont ces institutions dont elle évoque qui constitue le problème togolais aujourd’hui. Ces institutions, telles la Cour constitutionnelle, les juridictions administratives et autres sont inféodées au régime en place. Et donc, on peut facilement deviner ce que sera leurs décisions si l’opposition attaque le gouvernement devant ces institutions dans le cas d’espèce.

Enfin, le Collectif « exhorte tous les acteurs de la crise à trouver les moyens du dialogue. C’est la seule voie que tous préconisent pour une résolution de la crise politique qui cause du tort aux ménages, au secteur privé, à l’Etat, et freine le développement socio-économique du pays ».

En réalité, les maux du Togo s’originent dans l’accaparement de l’essentiel des richesses du pays par une minorité pilleuse couverte par un régime cinquantenaire  hostile à l’alternance, à la bonne gouvernance, à l’Etat de droit…

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here