Convocation des journalistes par le SRI : Le PPT dénonce une prédation de la presse

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Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) monte au créneau. Le Service de recherches et d’investigations (SRI) de la Gendarmerie convoque les directeurs de publication de journaux indépendants, critiques envers le régime, et les auditionne, parce qu’ils ont publié un rapport du REJADD sur les conséquences de la répression des manifestations pacifiques de la coalition de l’opposition. Le Patronat de la presse togolaise s’en indigne.

Pour avoir publié, dans leurs journaux, le rapport du Réseau des jeunes africains pour la démocratie et le développement (REJADD)  et du Réseau africain pour les initiatives de droits de l’homme et de solidarité (RAIDHS) qui dénombre 100 morts, suite aux répressions des manifestations de l’opposition entre août 2017 et janvier 2018, le SRI a auditionné hier les directeurs de publication du quotidien Liberté, Médard Amétépé et de l’hebdomadaire Triangle des enjeux Jérôme Sossou. Ce matin, c’est le tour d’Abi Alpha, premier responsable du journal Le Rendez-vous, en attendant probablement d’autres.

Le Patronat de la presse togolaise (PPT), dans une déclaration, « classe ces nouvelles sorties des autorités togolaises dans la rubrique de tentative de musellement de la presse critique au Togo ».

Et précise : « Ces interpellations rappellent les cas courants de prédation de la presse organisée autour des plaintes en cascade suivie des inculpations portées contre la presse critique, le vote de lois liberticides à l’encontre de la Presse, les menaces et intimidations par plusieurs voies et moyens, des agressions physiques et l’asphyxie financière des journaux présentés comme d’opposition ».

Dans le contexte actuel de crise politique avec un dialogue en cours dont l’issue est incertaine, « La presse qui joue son rôle d’avant-garde et qui dénonce la fuite de responsabilité de l’Etat devient la proie du pouvoir politique », regrette le PPT.

Ce qui, souligne cette organisation, montre que « les autorités togolaises basculent dangereusement dans une escalade prédatrice de liberté de la presse togolaise ». Elle « lance une alerte rouge pour la cessation immédiate de la persécution des journalistes ».

Le PPT, en outre, exhorte  les organisations nationales et internationales de défense de la liberté de presse et des droits de l’homme « à interpeller le gouvernement sur les atteintes répétitives à la liberté de presse ».

Le Patronat de presse togolaise compte, dans les jours à venir, organiser des manifestations pour se faire entendre.

Précisons que le président du REJADD, Assiba Johnson, actuellement en détention, est accusé de propagation de fausses nouvelles, outrage à autorité et appel au génocide.

TGM

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